Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /Sep /2008 11:10
Peut-être me verras-tu un jour
Marcher sur des mots trop  lourds
Risquer de lancer un défi aux murmures
Il ne faudra rien dire, le moment sera si court

Peut-être me verras-tu étouffer dans ce monde clos
Monde qui porte aux fenêtres des barreaux
le regard empalé sur la  grille du miroir
Que j'aimerais traverser ce soir

Ignorer enfin le balancement de l'horloge
Ces préoccupations de l'heure
Et sur les lèvres, comme une rumeur...

Un être est là, seul son visage de blancheur parée
Surgit de la nuit, une main levée
Sentant des choses sans substance ici-bas
Et pourtant, qui marque au fer blanc, ses doigts

Un être est là, qui ne veut se perdre et se détruire
Ne fuit rien ni personne
Cherchant un regard, un sourire
Et en ses veines, le parfum de vivre

La vie..cet être la porte et l'aime tant
Qui aurait l'audace de la souffler en passant
Telle une flamme qui doit s'éteindre

Alors oui tu verras comme un reflet
Qui te semblera familier
Très vite, de peur, tu voudras l'ignorer
Je serai enfin de l'Autre Côté



Par Virginie - Publié dans : Histoires...
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Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /Oct /2008 10:00
Ecriture Ludique (21)

Exercice 21 - Mots Imposés - Kildar

Cet exercice fut difficile pour moi, mais il m'a permis d'écrire ce que je n'avais pu dire quand c'est arrivé. Merci

Pourquoi?

Quelqu'un un jour m'a envoyé ces mots " La mort n'est pas une absence seulement une différence de présence".
Et pourtant ce soir, ton absence me pèse et me plonge à nouveau dans ce tourbillon d'incompréhension, le pourquoi fatidique, ce cri intérieur qui ne pourra jamais sortir.

C'était au mois de novembre, deux gendarmes sonnèrent à ma porte et me demandèrent si tu étais là...Tu avais disparu.
Cette nuit là, je t'ai lancé un appel lancinant, j'espérais tant que tu me répondes, l'alchimie de nos sens nous l'avait prouvé naguère...Cette nuit là, aucun écho de toi ne m'est parvenu. Par expérience, plus exactement par instinct, je sus au fond de moi que c'était fini.
Cette souffrance, omniprésente, m'entraînait dans une sorte de déchéance, je voyais s'effondrer un à un mes idéaux, nous étions amies, soeurs de sang depuis 18 ans et mon coeur d'adolescente se trouvait écorché à vif.

En portant la vie, les Autres m'interdisaient de pleurer, ils se voulaient si persuasifs...Devoir simuler, sourire...Enchaînée aux non-dits maudits.

Je t'avais appris à la sortie de mon échographie que tu serais la marraine d'un petit garçon, je me souviens de ton message, le dernier, où tu me disais que tu étais si fière et heureuse de cette nouvelle.

Je me souviens de l'extravagance de ces témoignages, de prétendus amis jubilant d'avoir leur nom dans les journaux locaux, parfois si lamentables.

Les Autres évoquaient une fugue, ils y croyaient volontiers...J'aurais tant aimé y croire aussi, cela aurait voulu dire que tu étais vivante mais je te connaissais...


On retrouva ton corps décomposé au mois de décembre...au fond d'un puisard.


Par Virginie
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Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /Oct /2008 19:02


Exercice 59 - Ecriture sur image (Michel)

Vous allez trouver cela quelque peu incongru, mais j'aurais tant aimé savoir marcher sur l'eau. Je l'avoue le fait de ne pas savoir nager et ma peur de me noyer a alimenté ce rêve un peu fou.
Pouvoir m'asseoir ainsi au beau milieu d'un lac et admirer les lignes infinies qui se dévoilent sous mon regard extasié...
Fermer les yeux et sentir les ondulations harmonieuses de l'eau me procurant tant de sérénité.

Je vous parle de cela car j'ai pu enfin réaliser ce rêve. Bon d'accord, j'ai un peu triché mais après tout la sensation et l'émotion que m'évoque ce lieu privilégié méritait bien un petit tour joué à la réalité.
Un ami connaissant ce qu'il nommait une lubie, m'offrit un jour un magnifique présent, une photo en noir et blanc....Je souris, mes yeux s'illuminèrent, oui c'était si simple! Enfin j'avais trouvé ce lieu....

Un ponton flirtant avec l'eau.
Un ponton de bois ne faisant qu'un avec l'eau.
Et moi enfin pouvant marcher sur l'eau.
Par Virginie
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Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 17:15
L'immensité verdoyante
S'écoulait suivant la tangente
Lumière de ce regard, révélant
Ce qui semblait à jamais éteint
Doléances pour ces ormes défunts
Et pourtant si sereins!

La voie au loin s'affinait
A tout jamais liée
A d'autres sentiers discrets
Ils sentaient qu'elle les cherchait
S'imprégnant de tout leur corps, à cet Appel
Ils devançaient l'ombre en guise de sentinelle

Un soir, elle vit, en ses yeux, la Correspondance
A ces échos transmis, parfois à vif.
Une nuit, au coeur du manoir, en silence
Elle avança tel un somnambule couvrant ses pas furtifs

Approche, Approche...Je t'attends
Et la voix souterraine l'attirait
Tendant le flambeau, une lueur fixait
Le même mur, le jour pourtant si insignifiant..

Juste apposer la main sur une pierre
Emprunte imbriquée de naguère
Et il devint mobile
Inconsciemment, le somnambule se livrait à l'initiation subtile

Derrière cette porte voilée, l'enfance qui se mutile
Eternelle présence, à elle, s'était unie
L'être, discrètement ,déjà avait compris
Devant cette paroi si froide
Sans nulle séparation
Réminiscence, en lui, d'une Croisade accomplie un jour

Un cri alors résonna en lui
Sa propre voix à la sienne
Ressentit, les vibrations qu'elle émit.
Ils vivaient ensemble la même scène

Poser la main naturellement
La porte se révéla simplement
La symbiose en était la clef
Tel un reflet: l'Authenticité.

Un souffle glacial éventrait la pièce
Le visage décomposé, revivant les images, qui défilaient
Jusqu'à cette nuit.

Il s'immobilisa et sourit
Elle voulait comprendre et inscrit en sa paume
Un message
Le sang dévoilait le témoignage d'une longue quête
Dessinant l'indéfinissable réalisation,
Renouvelée sans cesse.



Par Virginie - Publié dans : Echos
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Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 17:49
Au réveil, un café noir, mon gilet recouvre mes épaules, la nuit fut très froide, ma main, d'un geste endormi, allume la télévision. Mon esprit embrumé vagabonde au rythme des images défilant et là tel un couperet l'information tombe, témoignage d'un éducateur, déclarant d'une voix décrivant des faits, presque blasée..."Et cinquante enfants ont dormi dehors cette nuit", plus de places dans les foyers d'accueil...On passe à autre chose, d'autres images, la vie reprend son cours, aucun commentaire...comme si de rien n'était...Banalisation...Véritable électrochoc pour mon cerveau...
Mes yeux écarquillés, l'horreur de ses mots..mélange de colère et de honte m'envahit! Comment pouvons-nous accepter cela! Le froid chaque année semble réveiller les consciences, eh oui des hommes et désormais des familles dorment dehors chaque nuit, tout au long de l'année..Mais où vivons-nous! Nous sommes un pays développé qui vient en aide aux plus menacés...."les banques"..laissez-moi rire...Si l'économie mondiale n'était pas si tributaire des spéculations boursières, nous n'en serions pas là. Bien-sûr, la néophyte que je suis, ne peut pas appréhender les enjeux du "capitalisme", des marchés de capitaux, des banques de financement et d'investissement..J'y ai travaillé huit ans, en tant que simple assistante mais cela ne m'a pas empêché d'observer,  milieu qui m'était inconnu,  que je ne comprenais pas et finir par m'isoler de plus en plus face à ce manque de transparence, les pressions en tout genre,  l'effet de groupe si dévastateur parfois.  Mon être s'est peu à peu éteint  pour enfin quitter cet univers qui ne sera jamais le mien.

Des ENFANTS....ils n'ont rien demandé à personne, des enfants qui ne devraient penser qu'à jouer, à laisser aller leur insouciance et qui vivent, malgré eux, les morsures du froid...où allons-nous...comment pouvons-nous ingérer, digérer, accepter par défaut certes souvent et banaliser au final cette réalité....Car demain est un autre jour? Car demain je dois me préparer, prendre le métro, me faire bousculer et dire malgré tout "pardon", tenir la porte à la personne qui me suit et non lui claquer dans la figure..parce que nous sommes des humains, où le respect de l'autre devient un luxe?

Travailler pour nourrir sa famille, payer les factures et préparer leur avenir, tout simplement pour les protéger...Quelle belle soupape de sécurité mise en oeuvre pour nous aliéner à un système si bien rôdé...Nous croyons être libre dans cette société de consommation qui nous endigue...nous sommes les nouveaux esclaves du pouvoir d'achats...et nous finissons par accepter d'ignorer que des enfants en France peuvent dormir dehors la nuit.

Vous allez me dire que je ne vaux pas mieux, ce ne sont après tout que des mots et toute seule, je n'ai pas la prétention de changer les faits en un simple claquement de doigt. Je ne possède pas de recette miracle ni de baguette magique, je me dis simplement que je ne suis pas seule à m'insurger et me révolter. Je suis convaincue qu'un changement peut survenir car le système s'est enraillé et a montré ses failles, la crise ne fait que commencer.
"Toucher le fond pour mieux remonter", le phoenix renaît bien de ses cendres...me direz-vous, mais banaliser cette réalité: des enfants dorment la nuit dehors et des personnes en France ne mangent pas à leur faim malgré les structures d'accueil, malgré les soi-disant aides apportées par l'Etat...quelque chose m'échappe...surtout quand on sait que ce serait pire si les associations n'existaient pas, elles prennent si souvent le relais... Les villes ont des gymnases, des mairies chauffées la nuit non?

Néanmoins, nous avons encore la chance de pouvoir écrire en toute liberté alors profitons-en!

Par Virginie
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BIENVENUE

Votre traversée du miroir fut peut-être un peu longue, comme fut la mienne il y a bien longtemps.
J'aimerais vous faire découvrir un autre monde réunissant le pantin désarticulé que je suis, une écorchée vive certes, essayant de vous transmettre un certain parfum de cet Ailleurs frôlé il y a jadis, jamais oublié...


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